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25/03/2024 19:51

SÉCURITÉ : Plusieurs centaines de policiers et de gendarmes participent à une opération «place nette XXL» dans la métropole dijonnaise

Ce lundi 25 mars, a débuté une opération «massive» ayant pour objectif de «casser les points de deal» et d’interpeller des cibles judiciaires dans les quartiers sensibles. Elle pourrait durer au moins trois semaines.
Le président de la République l'avait annoncé à Marseille, d'autres opérations «place nette XXL» allaient suivre dans des villes gangrenées par le trafic de drogue, y compris des villes de taille intermédiaire.

Avec plusieurs fusillades consécutives, Dijon figurait dans le haut de la liste où potentiellement intervenir et, effectivement, ce lundi 25 mars 2024, à 6 heures, a débuté l'opération mobilisant policiers, gendarmes, douaniers et contrôleurs de l'URSSAF sous les autorités associées du préfet de la Côte-d'Or et du procureur de la République de Dijon. Elle pourrait durer plusieurs semaines.


Une opération «massive», dans la durée, contre «ceux qui pourrissent la vie des habitants de l'agglomération dijonnaise»


«La rue n'appartient pas aux voyous», a martelé le préfet Franck Robine devant une centaine de policiers et gendarmes réunis dans la cour de l'Hôtel de Police pour un briefing autour de 13 heures 30.

Le représentant de l’État a détaillé le dispositif et ses objectifs : «c'est une opération qui présente trois caractéristiques. D'abord, elle est massive. Ce seront pas moins de 500 policiers par jour, 500 gendarmes par semaine, des douaniers et d'autres services de contrôle aussi qui seront mobilisés. (…) Elle durera autant de temps que nous le jugerons nécessaire. En tout état de cause plusieurs semaines. (…) Nous visons bien sûr les trafiquants de drogue, les dealers. (…) Nous visons aussi tous ceux qui troublent l'ordre public à travers les violences urbaines, les affrontements interquartiers, ceux qui pourrissent la vie des habitants de l'agglomération dijonnaise, dans leur quotidien, dans les transports en commun, à l'école».

Près de 70 «cibles judiciaires» dans les quartiers sensibles


Selon le procureur de la République Olivier Caracotch, «ces opérations vont conduire à des interpellations programmées dans le cadre d'un certain nombre de procédures judiciaires et vont conduire aussi, du fait de l'action des forces [de sécurité intérieure] sur la voie publique, à générer de nouvelles procédures».

Près de 70 personnes ont été préalablement ciblées parmi les enquêtes judiciaires en cours : trafic de stupéfiants, atteinte aux biens, atteindre aux personnes. Cinquante sont localisées en zone police et près de vingt en zone gendarmerie. «Ces cibles sont plutôt définies de manière géographique puisque l'effort est porté sur les quartiers dans lesquels nos concitoyens se sentent le moins en sécurité», a précisé Oliver Caracotch.

«Le tribunal s'est déjà mis en ordre de marche pour absorber une augmentation d'activité sur les trois ou quatre semaines qui arrivent», a-t-il complété. «En concertation avec la présidence de la juridiction, nous sommes prêts à augmenter le nombre d'audiences de comparution immédiate s'il le faut. Le greffe a été renforcé pour répondre aux urgences. La permanence de mon parquet a été également renforcée pour faire face à une augmentation des appels des services de police et de gendarmerie.»

Rien que ce lundi matin, neuf interpellations ont été effectuées.

Par ailleurs, concernant les fusillades de ces derniers jours, onze personnes ont été mises en examen : deux ont été placées sous contrôle judiciaire et neuf en détention provisoire.

«Le but est de reprendre le terrain»


Le directeur interdépartementale de la police nationale de la Côte-d'Or Bruno Gallot (DIPN) a précisé qu'ont été mobilisés des effectifs de gendarmerie mobile, de policiers de la Côte-d'Or – comme ceux de la brigade spécialisée de terrain – ainsi que de la CRS 8 sans oublier plusieurs chiens d'équipage cynophile, spécialisés dans la détection d'armes et de produits stupéfiants.

Bruno Gallot a estimé que «pilonnage judiciaire» doublé d'«opérations prolongées de contrôle et de police administrative sur la voie publique» constituait «une chance» pour les agents des forces de sécurité intérieure. «Le but est de reprendre le terrain et de casser les points de deal dans la durée. Là, pendant trois semaines, on aura une occupation qui permet de briser les points de deal habituels.»

«Prenez votre temps, fouillez bien !»


Le DIPN a glissé quelques conseils : «prenez votre temps, fouillez bien ! Expliquez à la population qu'on travaille pour elle, on n'est pas là pour les embêter, on est là pour lutter contre la délinquance dans leur intérêt. (…) Faites attention,on s'inscrit dans une série de règlements de compte dont le dernier épisode était hier soir. On voit bien qu'ils n'hésitent pas à venir en plein jour, à faire usage d'armes à feu sur la voie publique malgré la présence policière. Dernière chose, la menace attentat est remontée d'un niveau. N'oubliez pas que les policiers et gendarmes sont parmi les premiers objectifs sur la voie publique des terroristes.»

Des interventions dans les quartiers sensibles et sur la rocade


À Dijon, les interventions concernent principalement les quartiers des Grésilles et de la Fontaine d'Ouche, sans négliger le quartier Stalingrad. Ailleurs dans l'agglomération, les quartiers du Mail à Chenôve et du Belvédère à Talant sont également concernés, sans oublier Quetigny.

Parallèlement, des contrôles de flux seront effectués au point d'entrée de l'agglomération depuis la rocade de Dijon. Non pas des contrôles routiers mais des recherches ciblées de consommateurs de stupéfiants. En cas de contrôle positif, la réquisition ordonnée par le procureur de la République permet d'intervenir en flagrance au domicile même du consommateur.

«Vous avez le droit de vivre dans le calme et la quiétude dans vos quartiers»


Selon le préfet, depuis 2023, la pression de trafiquants actifs dans le secteur de Marseille s'intensifie pour prendre le contrôle de territoires dans l'agglomération dijonnaise. D'où la notion de «Marseillisation» de Dijon et la survenue de règlements de compte successifs.

Parallèlement, on sait que les dealers mobilisent – parfois sous la contrainte – de jeunes gens venant de différents points du territoire pour servir de guetteurs dans l'agglomération dijonnaise.

«On n'est pas seulement dans du harcèlement de points de deal», a souligné le préfet de la Côte-d'Or, «la caractéristique, c'est de partir d'enquêtes judiciaires pour occuper le terrain et faire tomber des objectifs de police judiciaire».

«Vous avez le droit de vivre dans le calme et la quiétude dans vos quartiers», a déclaré Franck Robine en songeant aux habitants des quartiers populaires, «nous sommes là tout ces gens-là, nous sommes déterminés, nous ne laisserons pas faire. (…) Le ministre de l'Intérieur m'a donné des moyens tout à fait exceptionnels pour agir.».

Et le préfet de mettre en avant le site du ministère de l'Intérieur Ma Sécurité qui permet aux habitants de signaler des situations problématiques.

Jean-Christophe Tardivon

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Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon, Franck Robine, préfet de la Côte-d'Or, et Bruno Gallot, directeur interdépartemental de la police nationale de la Côte-d'Or

Un équipage cynophile dans une cave d'un immeuble du quartier du Mail, à Chenôve

Des gendarmes mobiles au pied d'un immeuble du quartier du Mail, à Chenôve


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